L'actualité de Dominique Charmes
Jeudi 24 Mars 2011
Bonjour à tous,
Bonjour à tous,
La plupart de ceux qui me connaissent m’ont fait remarquer ma propension certaine à l’optimisme et beaucoup m’ont demandé mes recettes et comment l’entretenir. Car, en effet, s’il existe chez certains un optimisme béat, il est d’abord inhérent à la nature de l’individu mais aussi une attitude volontaire. Cela ne va pas sans lucidité.
Avant de vous proposer quelques règles simples pour maintenir cette ouverture au bonheur personnel, laissez-moi vous livrer quelques réflexions.
Sauf à cultiver un égocentrisme pathologique, il nous est impossible d’être indifférents aux catastrophes récurrentes de ce monde, les plus terribles étant celles provoquées par la nature elle-même. Les atrocités humaines nous révoltent mais les évènements naturels nous pétrifient. Pas un jour sans mauvaises nouvelles, sans cadavres, sans dévastation.Cette situation est émotionnellement lourde de conséquence pour chacun d’entre nous. Une peur existentielle s’insinue devant le spectacle des ravages des tremblements de terre et du tsunami au Japon, plus intense que celui de la guerre en Lybie, pour ne citer que le plus récent.
De plus, nous devons affronter parfois nos orages personnels, nos difficultés, réelles, nos inquiétudes, nos angoisses, nos incertitudes du lendemain, le questionnement quotidien pour nos enfants, nos parents, notre famille…
Alors, impuissants que nous sommes face aux évènements du monde, comment se préserver, ainsi que notre entourage, pour vivre notre vie sans sombrer dans une dépression latente, voire profonde ?
Je vous propose donc quelques réflexions et recettes pour cultiver ce que j’appelle des mesures d’hygiène mentale, dont la fonction est de préserver l’être en situation que nous sommes, dans cette vie, dans ce pays, dans ce contexte, ce qui, comparé à d’autres, est une chance, souvent mal appréciée il faut bien l’avouer.
D’abord s’ouvrir aux choses positives.
Ce choix de s’ouvrir au beau, au bon, à l’agréable en un mot aux petits et grands plaisirs que peut nous offrir la vie est volontaire. Ce n’est pas forcément coûteux…
En voici quelques uns dans le désordre :
- Boire une boisson quand vous avez soif.
- Manger un mets que vous aimez en l’appréciant.
- Etre attentif aux spectacles cocasses qui vous entourent lors vos déplacements.Les gens croisés vous offrent de multiples occasions de découvertes.
- Regarder une pièce ou un ballet, choisir un film intéressant et non violent.
- Retourner aux grands classiques de la littérature ou lire un bon roman récent.
- Pratiquer un sport ou une activité de loisirs qui vous apporte du plaisir.
- S’occuper de votre animal favori, si vous en avez un.
- Aller faire une ballade le nez en l’air pour regarder la nature ou observer l’architecture qui vous entoure. Prendre des photos si vous aimez cela.
- Écouter de la musique ou en jouer.
- Retrouver le plaisir de jouer aux jeux de société en famille ou avec des amis.
- Apprendre de nouvelles choses.
- Noter, dès le 23 décembre, le rallongement des jours.
- Observer un vol d’oies sauvages qui remonte vers le nord et annonce l’amorce du printemps même si le temps est encore variable.
- Profiter en toute conscience d’une réunion amicale ou familiale où vous êtes entourés d’affection sincère.
Les occasions ne manquent pas. À vous de les repérer et d’en prendre conscience.
Voir, écouter, ressentir les belles et bonnes choses qui nous entourent est un exercice que nous mettons de côté trop facilement, emportés par la routine et la pression des événements.
Se protéger des messages stressants des médias audiovisuels.
Les journaux télévisés ainsi que quelques émissions d’information, présentent en boucle, pendant des jours, des images de catastrophes et de désastres, s’en abreuvent et nous en rendent dépendants. Comprenez-moi bien, je ne vous conseille pas de ne plus vous informer sur la marche du monde et sur les événements nationaux. Non, je vous propose de vous informer autrement, via les radios, des journaux ou des magazines (papier ou numérique). Pour la raison très simple que votre cerveau est très sensible aux images et qu’il les enregistre en grande partie sans analyse consciente. Il les reçoit sans frein ni protection. Les journaux télévisés vous bombardent d’images choquantes qui vous stressent. Certains magazines en rajoutent dans le pathos et le dramatique avec des reconstitutions et des photos chocs. Pourquoi subir cela ?
En plus, comme vous ne pouvez généralement pas intervenir sur le déroulement de ces événements, vous pouvez ressentir des sentiments très négatifs de frustration liés à votre incapacité à agir, éprouver une sorte de culpabilité liée à une prétendue responsabilité que vous font porter certains analystes et ce mal-être va vous attaquer inconsciemment et jouer contre votre moral. Il n’est que de constater les résultats des sondages sur le moral des français !
Comment arrêter une bataille, aider quelqu’un déjà mort sous une avalanche, participer à un sauvetage à l’autre bout du monde, comprendre un fait divers dont vous n’avez reçu d’information que pendant 12 secondes et que ces douze secondes reviennent tous les quarts d’heure, tel un mauvais refrain ?… Tout cela vous est imposé et vous n’y pouvez rien. Cette impuissance vous mine sans que vous n’en ayez conscience.
Agir sur nos évènements personnels n’est déjà pas facile, surtout quand l’angoisse les accompagne, mais si l’on se laisse noyer dans le bombardement permanent d’informations télévisuelles, la charge devient trop lourde. Et que dire de l’impact de certaines images sur les enfants…
Rester informé est un devoir de citoyen, rester en bonne santé psychique est une question de survie personnelle.
Une fois plus serein vous aurez un regard plus lucide sur les drames qui surviennent autour de vous. Vous aurez plus de liberté pour agir et analyser ce qui vous entoure et pour prendre vos responsabilités et vos décisions en dehors des émotions parasites provoquées par ces afflux d’informations. Choisissez de ne plus vous exposer à ces manipulations (volontaires ou non) imposées par des sources externes et devenez plus maître des émotions que vous voulez recevoir. Cultivez votre esprit critique, sans cynisme, avec lucidité et compassion.
Alors, je vous propose, pour ce printemps qui vient, de mettre en place ces stratégies de protection et de créer beaucoup d’occasions de vous faire plaisir et de vous offrir de bonnes choses pour vous afin de construire votre propre rempart aux émotions négatives qui ne vous appartiennent pas.
Tout cela prend du temps me direz-vous !
Peut-être, mais votre équilibre émotionnel vaut bien cela.
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